Général Alexandre SEGRETAIN – 1826-1901

Général Alexandre SEGRETAIN – 1826-1901

 

Alexandre Segretain est un général de division français, né à Niort le 18 février 1826, décédé à Paris (7e) le 27 mars 1901. Fils d’un architecte, il accède en 1869 au rang de secrétaire du Comité des fortifications avant de devenir membre puis président du Comité du Génie de 1889 à 1891. Sa carrière militaire s’inscrit dans le cadre des évolutions de la fortification française, dont la guerre de 1870 et la défaite de 1871 nécessitent une nouvelle organisation.

Ses travaux sur les fortifications, concernant notamment Port-Vendres et les contreforts dominant le site, sont mentionnés dans un rapport inédit, rédigé en 1888-1889. Ils se rapportent en particulier à la ligne de crête Taillefer-Madeloc, surplombant Paulilles et le port méditerranéen.

Carrière coloniale

Fils de l’architecte Pierre Théophile Segretain (1798-1864), Alexandre Segretain[1] est ingénieur polytechnicien en 1847, sorti de l’Ecole d’application en 1849. Il effectue un bref séjour d’un an à Metz, avant d’être détaché en Afrique où il participe à plusieurs missions. Capitaine réputé pour son talent de dessinateur, il organise, entre autres, le poste fortifié de Géryville (1853).

Devenu aide de camp du colonel Frossard en Crimée, cité à l’ordre de l’armée en juillet 1855, il est élevé dans le même temps au rang de chevalier de la Légion d’honneur. Il prend ensuite part à la campagne d’Italie, puis poursuit sa carrière à Alger, avant d’être principalement affecté à Paris.

Commandant du génie de la division d’occupation de Rome, officier de la Légion d’honneur en 1865, chef d’Etat major du génie à Alger en 1867, il devient en effet attaché au Dépôt des fortifications le 13 janvier 1869. Il est nommé lieutenant colonel le 5 août et secrétaire du Comité des fortifications[2] le 18 août de la même année.

Guerre et après guerre de 1870

En 1870, investi des fonctions de chef d’état major du général commandant le génie de l’armée de Paris, F. de Chabaud-Latour[3], il participe à la mise en défense de la capitale, et est nommé colonel au cours du siège, en novembre 1870. Il est élevé au rang de commandeur de la Légion d’honneur en août 1875.

En 1879, il devient membre du Comité des fortifications[4]. Au terme de la guerre, le dépôt des fortifications assume plusieurs tâches importantes : rédiger de nouveaux règlements d’instruction, faire connaître aux officiers les progrès des fortifications étrangères, trop longtemps négligées, entreprendre une nouvelle carte du génie. Le colonel Segrétain joue un rôle influent dans ces travaux.

La commission de Gâvres

Par ailleurs, après 1870, la réorganisation de la défense de la France nécessite l’emploi de matériaux résistants pour protéger les pièces d’artillerie particulièrement exposées ou importantes à conserver. Une commission spéciale est instituée à Gâvres pour élucider les conditions d’emploi de la fonte dure, et les travaux de la commission font en même temps ressortir les propriétés remarquables du béton de ciment.

Lorsque dix ans plus tard, une nouvelle transformation des engins d’attaque révolutionne à nouveau les conditions d’établissement de la fortification, les travaux de la commission de Gâvres se veulent une réponse au problème posé. Le nom du général Segretain, membre des comités techniques du Génie et de l’Artillerie, est associé à ces travaux.

Président du Comité des fortifications – 1889-1891

Localement, Alexandre Segretain établit en 1881 un rapport d’inspection des défenses du département des Pyrénées-Orientales, rapport ensuite exposé au Comité dont il relève. Sur son conseil et un entourage d'autres généraux inspecteurs, sont réorganisés jusqu'en 1891 les ouvrages militaires situés sur les contreforts des Pyrénées méditerranéennes.

Général de division à compter de décembre 1883, nommé grand officier de la Légion d’honneur en mai 1889, A. Segretain est en effet appelé le 10 juillet suivant à la présidence du Comité des fortifications, présidence qu’il conserve jusqu’à son passage au cadre de réserve, le 16 février 1891.

Lors de son décès à Paris en mars 1901, à l’âge de 75 ans, son éloge funèbre est prononcé par le général de division Hubert Quinivet (1836-1913)[5] qui accède à son tour à la présidence du Comité technique du Génie et qui, en 1871, a participé avec Paul Barbe, promoteur de la dynamite en France, aux combats contre la Commune[6].

E. PRACA

SOURCES

Site Léonore, LH/2492/46.

Archives privées : rapports sur les fortifications des Pyrénées-Orientales, vers 1888.

BIBLIOGRAPHIE

Général de division Quinivet, « Nécrologie. Le général de division Al. Segretain », extrait de la Revue du Génie Militaire, 1-1901.

POUR EN SAVOIR PLUS
 
Défense des Pyrénées-Orientales :
PRACA E., Ouvrages de défense militaire - Ligne Taillefer-Madeloc - 1882-1888site Amis de Paulilles, rubrique Patrimoine.
 
Combats contre la Commune :
PRACA E., Dynamite et Moulin de Pierre – Clamart – 1871, site Amis de Paulilles, rubrique Patrimoine.


NOTES

[1] Côme Alexandre Théophile Segrétain.

[2] Le Dépôt des fortifications est créé en même temps que le Comité des fortifications, fondé par la loi du 10 juillet 1791.

[3] François de Chabaud-Latour, 1804-1885.

[4] Fonctions ininterrompues sauf durant 2 ans, lors de son passage comme commandant de la 24e division d’infanterie et comme gouverneur de Belfort.

[5] H. Quinivet, site Léonore, LH/2250/39

[6] Hubert Quinivet était alors capitaine. Mentionné lors des combats de Clamart.