Dynamiterie de Paulilles 1951 - Rapport annuel du Médecin du Travail

Dynamiterie de Paulilles 1951 - Rapport annuel du Médecin du Travail

 

En 1952 est dressé par le médecin du travail, le rapport d'activité médicale concernant la dynamiterie de Paulilles au cours de l'année précédente. Ce bilan annuel est établi conformément aux articles 8 et 18 du décret du 26 novembre 1946 relatif aux services médicaux du travail.

Une première partie du document présente les caractéristiques générales de l'entreprise ainsi que son service médical. Une seconde partie dresse le bilan d'activité médicale, sous forme de statistiques des examens pratiqués lors des embauches, des examens de surveillance et des examens spéciaux prescrits au personnel. Une troisième partie consiste en commentaires apportés aux données précédentes.

Généralités

Située près de Port-Vendres dans les Pyrénées-Orientales et exploitée par la Société Nobel Française, l'usine de Paulilles est spécialisée dans la fabrication de dynamite. En 1951, son effectif moyen est de 238 salariées dont 75 femmes ; l'usine n'emploie pas d'apprentis. La société Nobel a fait le choix d'un service autonome de médecine, se retirant dans un second temps après guerre, du service patronal proposé par la Chambre de commerce de Perpignan.

Le service médical de l'entreprise est constitué de deux personnes. La première est un aide-chimiste secouriste. La seconde est le docteur Jean Bugat, diplômé de Médecine du Travail à Montpellier en 1947. Celui-ci effectue dans les locaux aménagés à cet effet, une vacation hebdomadaire d'une durée de trois heures et demie.

La dynamiterie de Paulilles dispose de fait d'une "infirmerie" composée de deux pièces : une salle d'attente et un cabinet médical de 4,40 m. sur 3,30 m., et 3,65 m de hauteur. Les locaux comportent un éclairage au plafond, le chauffage central, l'eau courante froide et l'eau chaude "à volonté", un lit avec draps et couvertures et une table d'auscultation avec talonnières, une bascule et une toise.

Le reste de l'équipement est composé d'une bouillotte en caoutchouc, de gouttières pour fractures, d'un appareil de respiration (carbogène), d'une trousse de petite chirurgie, de seringues, de matériel pour analyses d'urine, d'une pharmacie pour secours d'urgence, d'un gant en caoutchouc, d'une d'échelle optique et d'un brancard.

Bilan d'activité médicale

Le bilan d'activité médicale est effectué à partir d'un cahier d'activité tenu quotidiennement. En 1951, le médecin a pratiqué 28 examens d'embauche et n'a prononcé aucun refus sur ce point. Ont été effectués 224 "examens systématiques de surveillance", ainsi que 6 examens de sujets exposés à un poste toxique, dont 3 pour des plombiers.

Une série "d'examens systématiques spéciaux" a également été effectuée : 11 examens de reprise du travail après maladie, et 2 examens de reprise après accident. Il a également été prescrit 158 examens radiologiques, réalisés dans un camion de la Croix-Rouge équipé à cet effet.

Le laboratoire de l'usine a en outre pratiqué des examens complémentaires sous forme de 230 analyses d'urine et 6 analyses de sang, pour leur part envoyées au laboratoire d'analyses du docteur Parcé, à Perpignan. L'ensemble de ces analyses complémentaires demeure à la charge financière de l'employeur.

Un certain nombre d'accidents du travail "pansés au service" a également été traité : 64 "premiers pansements" ont eu lieu à compter du 1er septembre dans le service, qui a également répertorié 12 "corps oculaires étrangers", de septembre à la fin de l'année 1951. Un ouvrier, Jean Birba, a été hospitalisé suite à un accident du travail.

Données documentaires

Le rapport comptabilise en définitive 35 accidents dont 19 sans incapacité de travail et 16 avec incapacité temporaire, représentant « 243 journées perdues ». Sur ce nombre, 153 journées concernent un seul accident : un manœuvre butant à reculons sur un fût vide, occasionnant « un volumineux hématome » dans la région « lombo-fessière ».

Restent donc 90 journées pour les autres quinze accidents du travail avec incapacité temporaire, soit une moyenne de 6 jours d’arrêt de travail par accident.  Selon le rapport, le taux de fréquence des accidents du travail est évalué pour l'année 1951 à « 3,016 » et leur taux de gravité à « 0,458% ».

En ce qui concerne la « morbidité générale », l'usine a compté en 1951, 77 malades réunissant 2383 jours d’absence, soit 19 064 heures de travail sur un total annuel de 446 560 heures travaillées (4% du temps total). L’absentéisme, estimé à 6 500 heures dans l’année, est limité par la prime d’assiduité.

Données absentes du rapport

Dans le cadre réservé à cet effet, ne figure aucune observation sur le bilan de l'activité médicale exercée dans l'entreprise, ni de commentaire sur les maladies professionnelles rencontrées. 

Le rapport ne mentionne pas de participation à la surveillance de l’hygiène et de la sécurité, qui peut être alors exercée sous forme de visite des lieux de travail ou des installations, de participation aux travaux du comité d’hygiène et de sécurité, ou de préconisation de mesures particulières. Il n’existe par ailleurs pas d'autre organisation de caractère médical dans l’usine.

Enfin, ne sont pas cités de travaux ou de publications particuliers au praticien, ni de remarque ou suggestion concernant le fonctionnement de la médecine du travail. Telle est, en résumé, la présentation de ce rapport de la médecine du travail, relatif à la dynamiterie de Paulilles en 1951.

 E. PRACA

 

SOURCES

Dynamiterie de Paulilles, Rapport annuel du Médecin du Travail, copie du 12 juin 1952, 4 pages dactylographiées. Archives privées.

POUR EN SAVOIR PLUS

PRACA Edwige, Fabrication de dynamite à Paulilles - Accidents en 1950, site Amis de Paulilles, Rubrique Risques, sous-partie Accidents-Grèves.