Promoteurs du SANATORIUM de BANYULS - 1887

Promoteurs du SANATORIUM de BANYULS - 1887

 

Vue générale du sanatorium de Banyuls depuis la mer

 

Dans les années 1880, l’occupation du littoral méditerranéen s’accélère, notamment entre Port-Vendres et la frontière espagnole. A Banyuls-sur-Mer, à distance raisonnable de la dynamiterie de Paulilles, est édifié un vaste sanatorium maritime, dont la construction marque la reprise des « centres d’assistance maritime pour enfants », provisoirement interrompue au terme de la guerre de 1870. Ces établissements bénéficient d’un double financement public et privé, une partie des fonds provenant de souscriptions de donateurs fortunés.

Participent ainsi à la fondation du sanatorium de Banyuls les principaux industriels des Pyrénées-Orientales, dont Pierre Bardou-Job, industriel du papier à cigarettes de marque Job et Simon Violet, industriel de l’apéritif de marque Byrrh. S’y ajoutent également Paul Barbe et Alfred Nobel, associés dans la Société Générale pour la Fabrication de la Dynamite, propriétaire de la dynamiterie de Paulilles. Ces derniers sont souscripteurs d’une somme identique d’environ 3000 francs chacun, constituant la dépense nécessaire à l’entretien annuel d'une dizaine d'enfants.

Cette utilisation de fonds privés illustre dès lors l’une des pratiques paternalistes du grand patronat local. La création du sanatorium de Banyuls concerne en effet la protection infantile et notamment « la régénération physique de l’enfance ». De fait, considérée comme menacée par divers maux physiques et dans une moindre mesure, sociaux, cette enfance donne lieu à un traitement marin et médical désigné sous le nom de « thalassothérapie ». La promotion de ce secteur d'activité,  initialement pédiatrique, conduit ultérieurement à un important essor économique dans le département.   

E. PRACA

 

DOCUMENT

Extrait de texte

 

« Le projet du Préfet, présenté et discuté à la séance du 23 avril 1887, fut adopté sur un remarquable rapport de M. Vilar ainsi que les propositions d’économies qui devaient servir à son exécution.

Les choses en étaient là lorsqu’un grand manufacturier de Perpignan, M. Bardou-Job, s’engagea à bâtir à ses frais un pavillon et ses dépendances, prévus au plan pour une somme de 45,000 francs environ, mais réservés faute de fonds suffisants.

Ce pavillon porte aujourd’hui le nom de son fondateur et peut loger soixante enfants, ce qui élevait à deux cents le chiffre total des pensionnaires que pourrait contenir le sanatorium. Le même bienfaiteur se chargeait également d’en entretenir trente gratuitement dès la première année et versait pour cet objet une autre somme de 18,000 francs. Un autre grand commerçant roussillonnais, M. Simon Violet, de Thuir, prenait à sa charge la dépense d’entretien de dix enfants, pendant trois ans, dépense qui s’élevait à 1,800 francs.

A ces souscriptions s’ajoutèrent bientôt celles d’autres bienfaiteurs et coopérateurs : MM. Lafargue, 3,000 francs ; Barbe, directeur de la Société de la dynamite, 2,920 francs ; Nobel, sous-directeur de la Société de la dynamite, 2,920 francs ; Dr Armaingaud, 2,400 francs ; Jean Pi, de Perpignan, 2,400 francs etc.

Le littoral méditerranéen allait donc voir s’élever bientôt le premier véritable sanatorium maritime. La Manche avait Berck. Sur l’Océan allaient bientôt être inaugurés Pen-Bron et Arcachon. Seule la Méditerranée ne possédait pas d’hôpital marin. Et cependant on y trouve ce que n’offrent pas les bords de l’Océan, un perpétuel soleil prêtant son concours salutaire à la mer ».

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BIBLIOGRAPHIE

Extrait de texte  :

Dr Pierre SAGOLS, Le Sanatorium de Banyuls-sur-Mer, Toulouse-Paris, 1902.