Dynamite de Paulilles - Consignes particulières des pétrissages - 1956

Dynamite de Paulilles - Consignes particulières des pétrissages - 1956

 

Personnel de Paulilles et pétrin pour dynamites pulvérulentes

 

A l’usine de Paulilles en 1956, des consignes particulières sont destinées aux pétrisseurs de dynamite. Elles évoquent plus précisément le stade de transformation de la nitroglycérine en dynamite, s’effectuant dans les ateliers de pétrissage n°18 et 19 situés sur le cap sud face à la mer. Dans les années 1950, l’accent est notamment mis sur la fabrication des dynamites pulvérulentes, à base de nitroglycérine et de coton azotique, de binitrotoluène, de colorants et d’absorbants divers.

Les consignes générales portent sur le tamisage et le pétrissage des composants : relations avec le contremaître, propreté des pétrins, délayage du coton dans la nitroglycérine. Les consignes particulières précisent les gestes professionnels à accomplir : amorçage du pétrissage à la main, manipulation des sacs de coton et d’absorbants, surveillance de l’eau chaude et du thermomètre, division des tâches, rapport d’exécution.

Dans la gestuelle à respecter et les procédés de fabrication, ces consignes s’apparentent à celles du pétrissage des dynamites gommes et pulvérulentes édictées en 1927, et rappellent la permanence des modes de fabrication et leur dangerosité. Dans les années 1950, le poids maximum de dynamite à pétrir s’élève à 600 kg par atelier et le volume de personnel ne doit pas excéder six personnes dans chacun d'eux, dont un contremaître. Il est établi trente exemplaires de ces consignes de pétrissages, qui complètent la série des consignes de l’usine de Paulilles diffusées à cette période.

 E. PRACA

 

 DOCUMENT - 1956

Consignes particulières des pétrissages

 

Pétrissage N°18 :

Poids maximum : 600 Kg de dynamite

Personnel : 6

Pétrissage N° 19 :

Poids maximum : 600 Kg de dynamite

Personnel : 6

Consignes générales

 

Suivez les indications de votre contremaître pour l'ordre des tournées, le réchauffage des pétrins, la durée de gélatinisation et les temps de pétrissage.

Prévenez immédiatement votre contremaître de toute anomalie concernant les poudres (différence de poids, de volumes, humidité, erreur d’étiquette) et de l'état du matériel tel que pétrins, tamis, etc….

Avant le début du travail faites tourner les pétrins mécaniques à vide pour vérifier leur bon fonctionnement.

Les récipients destinés à contenir la dynamite doivent vous revenir convenablement nettoyés pour éviter tout mélange de dynamite ; prévenez votre contremaître s'il n'en est pas ainsi et nettoyez-les avant de les utiliser à nouveau.

Délayer soigneusement le coton azotique dans la nitroglycérine. À l'exception du coton azotique, de la nitroglycérine, du binitrotoluène et des colorants, vous devez tamiser tout ce que vous introduisez dans un pétrin.

Ne remplissez pas exagérément vos tamis afin d'éviter que les poudres ne débordent dans le pétrin sans passer par le tamis.

 

Consigne de travail des ateliers n° 18 et 19

 

1°) N'introduisez la nitroglycérine provenant du filtrage que dans des pétrins propres et froids.

2°) Ne vous servez pas simultanément des pétrins à main et des pétrins mécaniques.

3°) Eviter avec grand soin tout contact des sacs avec la nitroglycérine en versant le coton ou les absorbants dans les pétrins.

4°) Lorsqu'on admet l'eau chaude dans un pétrin, surveiller constamment le thermomètre de ce pétrin.

5°) Pour chaque gomme pétrie, le contremaître doit inscrire au fur et à mesure sur un cahier spécial l’heure du chargement du pétrin, les températures successives du bain-marie et l’heure du déchargement.

6°) Les pétrisseurs ne doivent rien toucher d'autre que la dynamite avec les mains mouillées de nitroglycérine.

7°) La manipulation de cet absorbant, la manoeuvre des robinets d'eau chaude et d’eau froide doivent être effectuées par un ouvrier spécial.

8°) Eviter absolument de produire aucun choc.

9°) Tamiser les dynamites pulvérulentes le nombre de fois prescrit en utilisant le tamis à maille indiquée pour chaque qualité de dynamite.

10°) Tenir l'atelier dans le plus grand état de propreté ; le laver à grande eau chaque soir avant la cessation du travail.

11°) Toute manoeuvre compromettant la sécurité de la Dynamiterie aura pour sanction le licenciement immédiat de celui qui l’aurait effectuée.

12°) Le Chef de Fabrication de la Dynamite et le contremaître de l'atelier de pétrissage sont spécialement chargés de veiller à la stricte exécution de la présente consigne.

Paulilles, le 6 novembre 1957[1].



 

NOTES

[1] Il faut lire 1956, comme pour les autres consignes.

SOURCES

"Consignes particulières des pétrissages", Paulilles, 6-11-1956, 1 p. recto-verso dactylographiée. Archives privées.

POUR EN SAVOIR PLUS

PRACA Edwige, Société Nobel Française - Dynamites les plus utilisées - Années 1950, Site Amis de Paulilles, Rubrique Productions.