PAULILLES - Explosion de 1958 à travers la PRESSE

 

 

 

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la dynamiterie de Paulilles connaît une situation paradoxale. Le conseil d'administration de la société se félicite de la présence d'une équipe de cadres rajeunie et rénovée, propre à remettre la fabrique au travail, dans un contexte économique favorable qui est celui de la Reconstruction. A compter de 1949, la presse syndicale met au contraire en garde le salariat, et tente d'alerter l'opinion publique, sur les risques accrus d'explosivité, liés à une augmentation poussée du rythme de travail. Précédée de divers accidents non mortels, l'explosion mortelle de 1958 confirme ces appréhensions sociales.

Pour sa part, la presse quotidienne et locale use désormais des moyens techniques mis à sa disposition pour illustrer et valoriser un article à sensation.  L’article de presse du quotidien L'Indépendant propose ainsi à ses lecteurs la photographie de l’atelier soufflé et celle de trois blessés de Paulilles, photographiés à la clinique mutualiste de Perpignan. Selon une douloureuse tradition, le texte en lui-même rappelle les précédentes explosions mortelles, évoque le champignon caractéristique flottant au-dessus de la fabrique et la ruée des villageois vers le site industriel, formant bassin d'emploi pour les travailleurs de la côte.

E. PRACA

 

DOCUMENT - 1958

Liste des blessés

cités en première page d'article de presse

 

« Pierre Bertrand, marié, un enfant, âgé de 29 ans, blessé aux jambes ; Raymond Glory, 28 ans, marié, blessé aux jambes ; Auguste Sola, 26 ans, marié, un enfant, blessé à la cuisse et au genou ».

 ARTICLE

« Terrible explosion à l'atelier de cartoucherie de l'usine de dynamite de Paulilles »

 


 

Un père de 7 enfants tués - quatre ouvriers blessés grièvement et plusieurs autres légèrement

PORT-VENDRES (de nos correspondants particuliers). - il était environ midi un quart, hier, et la plupart des Port-Vendrais se disposaient à prendre leur repas habituel, tandis que le paquebot « Président de Cazalet » de la Compagnie de Navigation Mixte, se déhalait lentement pour amorcer une nouvelle fois sa liaison avec Alger. Soudain, une violente détonation ébranla l'atmosphère, secouant les immeubles, faisant trembler les vitres. Bientôt, dans les rues et aux fenêtres, les habitants s'interrogeaient, alarmés par cette explosion, et tout aussitôt pensaient au paquebot victime d'un sabotage, il n'y a pas si longtemps, peu après son départ de Marseille.

La sirène d'alarme apportait une note plus lugubre encore.

Un champignon caractéristique

Cependant, les vieux Port-Vendrais ne se méprenaient pas sur l'origine de cet ébranlement qui leur rappelait douloureusement des phénomènes identiques qu'ils avaient déjà connus, particulièrement en 1914, 1932 et 1934. Leurs regards, instinctivement, se portaient par-delà la montagne de Réar et le « coll de las Portes », où un immense champignon caractéristique flottait dans les airs. La dynamite, une nouvelle fois, avait fait des siennes.

« Paulilles a sauté », telle était l'affolante rumeur qui se propageait à travers la cité.

Ce fut aussitôt la ruée sur la route de Banyuls de ceux qui avaient des membres de leur famille occupés à l'usine de la société Nobel-Bozel, avides d'être fixés sur le sort de leurs proches. (…)

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POUR EN SAVOIR PLUS

PRACA E., Accidentés de Paulilles - Explosion du 17-11-1958, Site Amis de Paulilles, rubrique Risques/Accidents.