Encartouchage et emballage des dynamites Nobel - Paulilles 1930

Encartouchage et emballage des dynamites Nobel - Paulilles 1930

 

Société Nobel Française - Encartouchage de dynamites pulvérulentes

 

En 1930, la Société Nobel Française édite un petit ouvrage dans lequel est décrit le conditionnement de la dynamite fabriquée par les usines d’Ablon (Calvados) et de Paulilles (Pyrénées-Orientales). L'encartouchage puis l'emballage des dynamites  comportent plusieurs phases : mise en cartouche et paraffinage des bâtons, mise en cartons, puis mise en caisses définitive de la production à expédier.

Le document Nobel mentionne notamment les matériaux nécessaires aux étapes d'emballage. S'y ajoute l’impression d’informations relatives au type de produit fabriqué, ainsi que son origine géographique. Dans les locaux de Paulilles, une consigne de sécurité vient en outre compléter les gestes quotidiens à effectuer par l'ouvrier.

Encartouchage de la dynamite

En 1930, suivant le type de production, la dynamite est encartouchée soit sous simple enveloppe en simili parchemin[1], soit en papier bulle paraffiné ou non sur une face, en faisant deux tours et demi. Après confection, la cartouche est trempée dans un bain de paraffine. Les cartouches du modèle courant ont un diamètre de 30 mm et pèsent 100 grammes.

 

Cartouches de dynamite - Société Nobel Française

 

Sur chaque cartouche, figure la marque de fabrique, la composition de la dynamite, la date de fabrication et la mention « Dynamite, matière explosive ».

Emballage en boîtes et en caisses

Encartouchée, paraffinée et dénommée, la dynamite est ensuite emballée en boîtes de carton de 2,5 kg, sauf la « grisou-dynamite couche[2] », qui l’est en boîtes de 2 kg. Les boîtes sont enveloppées dans un papier bulle et également trempées dans un bain de paraffine, au terme duquel elles forment un "paquet".

Ces boîtes intègrent ensuite des caisses en bois contenant chacune 10 paquets, soit un poids net de 25 kg de cartouches et de 20 kg pour les "grisou-dynamites couche", dont la Société Nobel mentionne qu’elles peuvent être "ordinaires, à la cellulose ou salpêtrées". Le poids brut d’une caisse varie pour sa part de 30 à 35 kg.

Chaque caisse, outre l’indication de la raison sociale, porte la désignation du type de dynamite livrée, sa composition centésimale, la date de fabrication et, en gros caractères, les mots « Dynamite, matière explosive ». Ce sont ces caisses qui servent à la livraison.

 

Caisse de dynamite en provenance de Paulilles

Mention de "Dynamite, matière explosible" au lieu de "matière explosive"

 

Au préalable, les caisses sont entourées d’un fil de fer plombé par les soins de l’agent du Service des Poudres, détaché dans chacune des dynamiteries de Paulilles et d’Ablon. Ce plomb doit être une marque de garantie pour l’acheteur, prouvant que l’explosif fabriqué sous le contrôle de l’Etat l’a été conformément aux prescriptions du Service des Poudres.

Enfin et uniquement pour l’exportation, les cartons sont logés dans une enveloppe en tissu caoutchouté, qui doit s’adapter parfaitement à l’intérieur de la caisse. Cette enveloppe est ensuite collée avec une dissolution de caoutchouc, afin que le tout forme un emballage imperméable.

E. PRACA

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BIBLIOGRAPHIE

Texte adapté de : Société Nobel Française, La dynamite, sd [1930], p.10-11.

POUR EN SAVOIR PLUS

PRACA E., Paulilles - Dynamite - Conditionnement vers 1960, Site Amis de Paulilles, rubrique Productions.

PRACA E., Dynamite de Paulilles - Consigne des ateliers d'emballage - 1937, Site Amis de Paulilles, rubrique Risques/Protection sociale.



[1] « Gommes A et B, Gélatinée potasse ».

[2] Dynamite dite « de sûreté » pour les mines grisouteuses.