La société Nobel Bozel vue par elle-même en 1968

 

Photo Schaffler pour Nobel Bozel - non localisée

 

« Nobel Bozel est l’aboutissement d’une longue série de fusions et d’absorptions de Sociétés Chimiques venues de points très différents de l’horizon industriel » indique en 1968 une plaquette publicitaire éditée par cette société. De fait, cette plaquette pose les jalons de trois phases d’évolution des sociétés chimiques au cours des XIXe et XXe siècles.

La première phase concerne la création en France de sociétés chimiques diverses, s’échelonnant de 1808 à la veille de la Première Guerre mondiale, et comprenant des fabriques d'acides, explosifs, celluloïd etc. Au sein de cette chronologie s’inscrit en 1875 la création de la Société Générale pour la Fabrication de Dynamite, dont dépend la dynamiterie de Paulilles (Pyrénées-Orientales).

Débutant au lendemain de la Première Guerre mondiale, la seconde phase se traduit par un processus de concentration de ces sociétés, aboutissant en 1957 à la création de Nobel Bozel dans laquelle s’inscrit à nouveau la dynamiterie de Paulilles, partie prenante d'une nébuleuse d'usines diverses.

A compter de cette même période, la troisième phase d’évolution se traduit finalement par l’abandon progressif des explosifs chimiques, au profit d’une exploitation industrielle des explosifs nucléaires. Dans le cadre de ce processus initié aux Etats-Unis (1957), la société française Nobel Bozel s’associe en effet à la société privée américaine El Paso Natural Gas Company, pour fonder la société Geo Nuclear Nobel Paso (1967-1968).

Au terme de cette dégradation de l’emploi ordinaire des explosifs chimiques, cette nouvelle orientation se traduit dès lors par la cession puis la fermeture de l’usine de dynamite de Paulilles (1984).

Le texte reproduit ci-dessous est extrait de la plaquette publicitaire éditée en 1968 par la Société Nobel-Bozel. A ce moment, la société comprend encore plusieurs anciennes usines d’explosifs chimiques dont celle de Paulilles, mais elle s’oriente également vers l’exploitation civile des explosifs nucléaires. 

Dans l'intervalle, en 1968 également, s'est ouvert au sein de l'unité de Paulilles un atelier de "placage des métaux par explosifs", technique particulière tendant à unir entre eux des métaux non compatibles par soudure. A la fermeture de l'unité paulilloise, cette dernière activité  est transférée à Rivesaltes au sein de la société Nobelclad (Pyrénées-Orientales). 

E. PRACA

 

DOCUMENT 

Texte publicitaire anonyme

150 ans de chimie avec Nobel Bozel

 

« Nobel Bozel est l’aboutissement d’une longue série de fusions et d’absorptions de Sociétés Chimiques venues de points très différents de l’horizon industriel.

En 1808 les Etablissements Maletra montent dans la Région Rouennaise une fabrication d’acide sulfurique et de soude puis d’acide chlorhydrique et d’engrais.

En 1875, la Société Générale pour la fabrication de la Dynamite et de Produits chimiques et constituée dès que la fabrication de la dynamite par l’industrie privée est autorisée par dérogation au monopole des poudres (loi du 7 juin 1875). Elle exploite à Paulilles (Pyrénées-Orientales) les brevets pris par Alfred Nobel en 1867 (dynamite gurh) et en 1875 (dynamite gomme).

Elle absorbe en 1884 la Société Nationale des Poudres dynamites qui s’était installée en 1876 à Ablon (Calvados).

En 1889 la Société Générale pour la fabrication des matières plastiques est fondée et elle crée près de la dynamiterie d’Ablon une fabrique de nitro-cellulose et de celluloïd.

En 1896 la Société Industrielle de Produits Chimiques monte un des premiers ateliers d’électrolyse des chlorures alcalins en vue de la production des alcalis, de l’hydrogène, du chlore et de ses dérivés.

En 1898 la Compagnie Générale d’Electrochimie de Bozel se constitue et met en marche les premiers fours électriques pour la fabrication du carbure de calcium et des ferro-alliages bientôt suivie par celle du siliciure de calcium, alliage désoxydant mis au point et breveté en 1908 pour la sidérurgie et la fonderie.

En 1904, la Société Universelle d’explosifs installe à Lamarche-sur-Saône puis à la Manouba près de Tunis des Ateliers d’encartouchage d’explosifs chloratés et nitratés fabriqués par le Monopole des Poudres. Elle est reprise en 1914 par la Société Générale d’explosifs « Cheddites ».

A partir de 1922 et jusqu’en 1927 ces diverses Sociétés se rapprochent par des fusions successives :

- en 1922 l’Electrochimie de Bozel et l’Industrielle de Produits Chimiques deviennent Société Industrielle de Bozel Lamotte, et une nouvelle fusion avec Maletra en 1925 aboutit à la création de Bozel Maletra

- en 1927 la Générale pour la fabrication des Dynamites et l’Industrielle des matières Plastiques se groupent sous le nom de Nobel Française

- en 1957 Nobel Française et Bozel Maletra fusionnent et fondent Nobel Bozel qui absorbe en 1959 les Explosifs Cheddites.

Nobel Bozel au capital de 48.888.400 F regroupe ces diverses activités en treize usines.

Tout récemment, avec la compagnie américaine El Paso Natural Gas Company, la Dynamit Nobel et les Poudreries Réunies de Belgique, Nobel Bozel vient de fonder la Société Geo Nuclear Nobel Paso pour promouvoir l’emploi pacifique de l’explosif nucléaire.

Plusieurs millions de fois plus puissant que l’explosif chimique à poids égal et cent fois moins cher pour des puissances de l’ordre de la centaine de kilotonnes, ce nouvel explosif a de multiples applications possibles, et en particulier :

-         la stimulation des gisements d’hydrocarbures ;

-         la création de cavités de stockage ;

-         la distillation in situ de schistes bitumeux ;

-         l’abattage en grandes masses ;

-         la lixiviation de minerais in situ ;

-         le creusement de ports et canaux ».

 

BIBLIOGRAPHIE

Extrait d’une plaquette publicitaire de la société Nobel Bozel : « NB dynamites et accessoires de tir »,  sd. [1968].