Claude FORESTIER - 1853-1937 – Disques et Dynamite

Claude FORESTIER - 1853-1937 – Disques et Dynamite

 

Disque - Société Ultraphone Française

Fabrication à Villetaneuse

 

Né en 1853 à Aix-les-Bains, Claude Forestier épouse Andrée Barbe, fille cadette de Paul Barbe, promoteur de la dynamite en France [1]. A la suite de cette alliance et malgré son divorce d’avec Andrée Barbe en 1893, celui-ci conserve des fonctions d'administrateur dans les sociétés Nobel, jusqu’à son décès survenu en 1937, à l’âge de 84 ans. Au début des années 1930, Claude Forestier participe notamment à la création de deux entreprises nouvelles. Le premier projet concerne l’installation d’une usine de dynamite en Isère, le second, la fabrication de disques par la société Nobel Française, marquant une diversification dans le secteur des productions à base de celluloïd et de matières plastiques.

Société l’Arandonaise ou Société Nouvelle pour la Fabrication de la Dynamite

La Société L’Arandonaise ou Société Nouvelle pour la Fabrication de la Dynamite est une société anonyme fondée devant Me Henry Lamarche, au capital de 500 000 francs divisé en 50 000 actions de 100 francs chacune. Son siège initial est fixé à Lyon, 7 cours des Chartreux. La société résulte d’un acte sous seings privés établi en 1929 entre Joseph de Saint-Rapt, chevalier de la Légion d’honneur, administrateur de sociétés et Pierre Vialle, industriel, domicilié villa des Beaux-Arts à Ambérieux en Bugey (Ain).

Pierre Vialle apporte à la société un domaine de 274 hectares situé à Arandon (Isère)[2], et Joseph de Saint-Rapt apporte pour sa part la promesse que lui a consentie Eugène Besson, administrateur de sociétés, demeurant 56 rue de Clichy à Paris, de lui céder le bénéfice d’un décret présidentiel du 9 mai 1927, l’autorisant à créer une usine de dynamite dans le domaine apporté par Vialle. 

En 1930, la société procède à une augmentation de capital qui passe de 500 000 à 10 millions de francs, par la création et l'émission de 95 000 actions nouvelles de 100 francs émises à 140 francs. Elle procède également à la nomination de sept nouveaux administrateurs, parmi lesquels figure Claude Forestier, administrateur de la Société Nobel Française[3]. Cette nomination illustre dès lors l'attention portée par le groupe Nobel à une nouvelle implantation dans la région Rhône-Alpes. 

Société Ultraphone Française

Selon un article de presse daté de février 1931, la Société Ultraphone Française est une société anonyme nouvellement constituée, ayant pour objet l’industrie et le commerce des disques et machines parlantes et dont le siège est situé 1 rue du Général Foy à Paris. Cette société est formée au capital de 3 millions en actions de 500 francs chacune, dont 1800 sont attribuées en rémunération de ses apports à la société N.V. Kuchenmeister’s[4] International Ultraphon Maatschappij, et 1200 à la Société Nobel Française, siégeant 67 bd Haussmann à Paris.

Le conseil d’administration est composé de sept administrateurs dont deux domiciliés à Berlin, un à Londres et quatre à Paris : Jules Westrick, 1 rue du Gal Foy à Paris ; Georges Régnault, 16 quai du Louvre à Paris ; Pierre Jurien de la Gravière, 105 avenue Henri Martin à Paris ainsi que Claude Forestier, administrateur de la Société Nobel Française, 9 rue Freycinet à Paris[5].

Les enregistrements musicaux sont effectués par la Société Ultraphone Française dans la capitale et la fabrication des disques a lieu à Villetaneuse (Seine), dans l’usine de celluloïd et de matières plastiques que possède la société Nobel Française[6]. Au terme de son existence, cette opération marque également l’intérêt porté par Claude Forestier pour de nouvelles orientations commerciales et la recherche de débouchés exprimée par le groupe Nobel en matière de celluloïd. Le département "Disques" à Villetaneuve et le département "Poupées" à l'usine de Chauffry, composent dès lors les deux facettes d'une même activité, dans les domaines industriels du jeu et du divertissement.

E. PRACA

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POUR EN SAVOIR PLUS
 
Sue le patronat du celluloïd : Société Nobel Française, dynamite et celluloïd - Un patronat conjoint, Site Amis de Paulilles, Rubrique Administration/Patronat.
 
Sur les choix musicaux et les enregistrements de la Société Ultraphone Française :
BALEN Noël, Django Reinhardt : le génie vagabond, éditions du Rocher, Monaco, 2015.
 
Sur l'invention du disque :
MAISONNEUVE Sophie, L'invention du disque 1877-1949. Genèse de l'usage des médias musicaux contemporains, éditions des archives contemporaines, Paris, 2009.
 
Sur les poupées Nobel : Poupées en celluloïd de la Société Nobel Française – 1953, Site Amis de Paulilles, rubrique Productions.
 
Sur les rapports entre explosifs et cinéma : Réflexion sur le cinéma d'Eugène Barbier, Site Amis de Paulilles, rubrique Productions.


NOTES

[1] Avec Alfred Nobel en 1870.

[2] Arandon, Isère, sur Wikipédia : après la Première Guerre mondiale, le "pont à couple conique" qui a remplacé la transmission par chaîne sur les camions fut inventé dans la fonderie Vialle à Arandon.

[3] Sources : Archives Commerciales de France, n° du 21-1-1931.

[4] Kuchenmeister, inventeur de procédés acoustiques.

[5] Source : Les Spectacles cinématographiques. Organe officiel du syndicat des loueurs de films cinématographiques de la Région du Nord, 13-2-1931.

[6] Disques portant la mention suivante : « Enregistrement de la Société Ultraphone Française – Fabriqué à Villetaneuse – Seine-France ».