Alfred NOBEL - Poudre et nitroglycérine - 1863

Alfred NOBEL - Poudre et nitroglycérine - 1863

 

 

 Brevet Nobel - Mémoire descriptif - 1863

 

Le 18 septembre 1863, Alfred Nobel dépose à Paris une demande de brevet d’invention pour une durée de 15 ans, pour des « perfectionnements apportés à la fabrication des poudres de mine et de tir ». En préambule, l’ingénieur indique que « L’invention consiste dans l’emploi des substances explosives ou facilement décomposables, spécialement des liquides explosifs mélangés avec la poudre ordinaire… ou autres corps analogues ». Plus précisément, parmi ces liquides figure alors la nitroglycérine : « Je me sers de préférence de la nitroglycérine » indique l’inventeur, demeurant alors en Russie.

Brevet de 1863

La première propriété de ce mélange consiste en l’obtention d’un produit devenu sec, cette étape pouvant être considérée comme préliminaire à l’invention de la dynamite : « Cette nitroglycérine absorbée par la poudre ordinaire lui communique les propriétés suivantes : 1° D’apparence, elle est sèche, comme la poudre ordinaire » énonce l’ingénieur. Dans cette préparation de poudre, « la nitroglycérine remplacera en quelque sorte le salpêtre » indique encore l’inventeur.

Par cette invention, Alfred Nobel souligne dans le même temps son intérêt pour les propriétés de la nitroglycérine. Le brevet tend en effet à proposer un explosif en augmentant la force, tout en atténuant son effet de brisance, c’est-à-dire de détonation : « 2° Elle est beaucoup plus forte sans produire un effet plus brisant ». Le mélange, qui comporte plusieurs paramètres, doit dès lors s’effectuer selon certaines modalités, parmi lesquelles figurent l’absorption complète et la parfaite répartition des ingrédients.

Vente en 1873

Portant le numéro 60 229, ce brevet Nobel est cédé à Paul Barbe dix ans plus tard[1], en temps de fermeture de la dynamiterie de Paulilles pour cause de retour au monopole d’Etat sur les poudres et explosifs. En 1875, il figure avec la dynamiterie en cours de réouverture, parmi les apports faits par P. Barbe, lors de la constitution de la Société Générale pour la Fabrication de la Dynamite. Dans la pratique toutefois, cette invention paraît avoir connu un développement industriel limité, d'autres absorbants étant dès lors utilisés.

De cet ancien brevet d’invention, il reste en définitive les principes de mélange, de température, de matière sèche, de nitroglycérine, de nitrate de soude et autres ingrédients, marquant une étape dans la réflexion scientifique d’Alfred Nobel. Ces éléments demeurent de fait constitutifs de la fabrication de la dynamite, et expliquent ainsi l'intérêt de Paul Barbe et des actionnaires fondateurs pour l'apport de ce brevet, lors de la remise en activité de la dynamiterie de Paulilles.

E. PRACA

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SOURCES

INPI, Brevet Nobel n°60 229 - 18 septembre 1863.

POUR EN SAVOIR PLUS

PRACA E., Société Générale pour la Fabrication de la Dynamite - Création - 1ère AG - 17 juin 1875, Site Amis de Paulilles, rubrique Patrimoine.


 

[1] AN, Etude Me Cottin, notaire à Paris, 19-3-1873 : la transaction de 1873 entre Alfred Nobel et Achille Brüll, mandataire de Paul Barbe, porte également sur un brevet plus récent, accordé à Nobel par arrêté ministériel du 4-4-1870. Par cette cession de 1873, Nobel conserve encore la moitié des bénéfices sur les deux brevets.