Paulilles - « industrie extraordinaire » - 1870-1984

 

 

En 2002 s'est tenue dans les Pyrénées-Orientales une première conférence consacrée à l'histoire de l'ancienne dynamiterie de Paulilles. Intervenant lors des études commanditées par le Conservatoire du Littoral, elle fut l'occasion de partager avec le public les connaissances issues d'un dépouillement provisoire des archives publiques.  A postériori, le sentiment général a été que la préservation du patrimoine industriel n'a pas été réalisée à hauteur des espérances locales, mais l'ouverture du "Cap Sud" vient compenser cette perception. L'attachement à cette histoire demeure en effet vivace, de même que l'intérêt des historiens pour la préservation du patrimoine industriel dans son entière diversité (1).

 

DOCUMENT

Paulilles, « industrie extraordinaire » de 1870-1984

Article de presse - 2002

 

« Michel Jomain président de l'association Culture et Patrimoine en Côte vermeille, et Mme Capallère, accueillaient, au centre culturel, Edwige Praca historienne, pour une conférence sur Paulilles.

Un succès sans doute au-delà des espérances des organisateurs : la salle était archicomble. Une preuve supplémentaire de l'attachement des Portvendrais à leur patrimoine, et ceux qui avaient « trimé » dans cette usine de dynamite étaient nombreux dans l'assistance.

M. Jomain ouvrit la séance en résumant la situation du domaine de Paulilles, propriété du conservatoire du littoral depuis février 2000. Il précisa qu'une convention était passée entre le conseil général et le conservatoire avec la volonté de préserver le site. Trois études confiées à trois cabinets d'architectes ont été lancées sous la haute surveillance d’un comité de pilotage. La fondation Nobel était partie prenante financièrement le projet.

L'historienne Edwige Praca retraça l'histoire du site, précisant qu'il fut le premier créé en France par le Suédois Alfred Nobel, initiateur de la fondation du même nom. Dans son historique elle rappela l'importance du rôle de Paul Barbe (…) (2) et ses démêlés avec des opposants locaux célèbres tel Raymond Pams, Reig-Artaud et Colomer.

Elle précisa le rôle de la dynamite dans l'économie mondiale (carrière, routes, tunnels, etc.) notamment dans le canal de Panama, et sa participation à l'expansion de divers pays dans le monde.

Le dernier chapitre de son intervention fut consacré à l'histoire sociale du site générant de nombreux emplois, plus elle décrivit les causes de son déclin à partir de 1972, aboutissant à la fermeture définitive en 1984. Durant presque deux heures, Mme Praca fut écoutée dans un silence qui montrait bien l'intérêt que portait l'assistance à cette tranche de vie de l’histoire de Paulilles.

Il est vrai que la facilité d'expression et l’érudition très poussée de l’historienne ne pouvaient que capturer l’auditoire ».

 

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NOTES

1 - L'arasement des unités de production dangereuses a été effectué à juste titre - Peut-on espérer un jour une reconstitution d'ateliers "témoins" ?

2 - Le rapprochement entre Paul Barbe, alors personnage oublié de l'histoire de Paulilles, et la Ste Barbe est une initiative de l'auteur de l'article.

BIBLIOGRAPHIE

M.C. « Paulilles, « Industrie extraordinaire » de 1870 à 1984 », in L’Indépendant, jeudi 7 mars 2002, p.13, rubrique Littoral, Port-Vendres.