SURVIVANTS DU SIEGE DE TOUL - 1870

 

Souvenir de 1870 - Porte de Metz à Toul - 1895

 

En septembre 1895, la ville de Toul célèbre le 25e anniversaire de sa résistance contre les Prussiens, survenue lors de la guerre de 1870. Pour la presse, cet événement est l’occasion de rappeler le déroulement des faits, de la résistance héroïque de la ville à son irrémédiable reddition. Fabricant de dynamite et vulgarisateur scientifique, Maxime Vuillaume évoque alors deux personnalités de cette défense : Paul Barbe, ancien officier d’artillerie, commandant les 400 gardes mobiles de la place forte militaire de Toul et Xavier Bender, blessé à la hanche par un éclat d’obus et souffrant encore de sa blessure deux ans plus tard.

Ces survivants du siège de Toul forment dès lors le noyau d’un patronat industriel d’un nouveau genre : celui de la fabrication de la dynamite, inventée par Alfred Nobel quelque temps auparavant. Paul Barbe devient en effet le promoteur de la fabrique pionnière de Paulilles,  située loin du front et de l'invasion allemande (fin octobre 1870), tandis que Xavier Bender et Maxime Vuillaume dirigent ensuite des dynamiteries en Italie et en Suisse, dans le cadre des travaux du tunnel du Saint-Gothard.

Dans le même temps, le souvenir de la guerre demeure vivace dans les mémoires. Ainsi, pour avoir « bien mérité de la patrie », la ville de Toul célèbre donc le 25e anniversaire de la bataille en pavoisant aux couleurs nationales, en mémoire de ses anciennes souffrances militaires. Une occasion également de rappeler les séquelles physiques subies par ses défenseurs sur le front de l'Est et qui devinrent, sous la pression des circonstances, les pionniers résolus du site dynamitier de Paulilles.

 E. PRACA

 

DOCUMENT

Article de presse - 27-9-1895

 

« Barbe, que je connus beaucoup dans la suite, raconta souvent devant moi le siège de Toul, dont il gardait grand souvenir et grand honneur. Plusieurs de mes collègues en dynamite, qui avaient servi sous ses ordres comme officiers dans son escadron d’artillerie, furent blessés à ses côtés. L’un d’eux, mon vieil ami Xavier Bender, décoré pour sa belle conduite, était des survivants qui viennent de célébrer les vingt-cinq ans de la défense. Quand je le rencontrai pour la première fois, en Suisse, en 1872, il boitait encore d’un éclat d’obus à la hanche. Pendant qu’il payait sa dette à la patrie, son père était maire de Phalsbourg, qui devait, elle aussi, être déchirée par les obus ».

Maxime VUILLAUME

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BIBLIOGRAPHIE

Les débuts de la dynamiterie de Paulilles figurent dans :

PRACA Edwige, Le site de Paulilles à la croisée des chemins de l’histoire internationale et de l’histoire locale (1865-1875), Conservatoire de l’Espace littoral, Région Languedoc-Roussillon, Montpellier, vol. 2, 2002.

POUR EN SAVOIR PLUS

PRACA Edwige, Xavier Bender, directeur de la dynamiterie de Paulilles (1845-1933), Site Amis de Paulilles, rubrique Administration/Patronat.

PRACA Edwige, Funérailles imposantes de Paul Barbe - 1890, Site Amis de Paulilles, rubrique Administration/Patronat.