Dynamite de Paulilles - Georges COLLOT - 1873-1949 - Ingénieur

Dynamite de Paulilles - Georges COLLOT - 1873-1949 - Ingénieur

 

Image Amis de Paulilles

Georges Collot - Ingénieur chimiste à Paulilles

 

Georges Collot (1873-1949) est l'un des nombreux ingénieurs qui, formés à l'Ecole de Physique et de Chimie Industrielles de la Ville de Paris, ont ensuite transité par la dynamiterie de Paulilles (Pyrénées-Orientales). Cette étape essentielle de leur carrière les conduit généralement à de plus hautes fonctions, au sein ou hors du cadre des sociétés Nobel de dynamite. Ce dernier cas est celui de l'ingénieur Georges Collot devenu, dans un second temps, administrateur de sociétés dans le domaine de l'électricité.

Georges Collot, ingénieur à Paulilles

Né 25 juin 1873 à Paris (11e), Georges Collot est le fils de Charles Collot, chef de bureau au mont de piété et de Charlotte Eulalie Mabile[1]. Ingénieur chimiste issu de l’Ecole de Physique et de Chimie Industrielles de la ville de Paris, promotion 1891[2], il devient chef de fabrication à la dynamiterie de Paulilles (Pyrénées-Orientales), dépendant de la Société Générale pour la Fabrication de la Dynamite[3].

Dans ce cadre, Georges Collot inaugure la première année d’existence de la Revue de physique et de chimie, émanation de l’Ecole supérieure de Paris, par une série de trois articles consacrés à la dynamite. Faisant le point sur les divers procédés de fabrication et les productions contemporaines, ses articles sont respectivement consacrés à « L’industrie de la nitroglycérine » et à « L’industrie de la dynamite ». Publiés de 1896 à 1898, ils illustrent en particulier les procédés Nobel employés dans les usines d’Ablon (Calvados) et de Paulilles (Pyr.-Or.)[4].

 

 

Georges Collot, directeur de dynamiteries

Rapidement, Georges Collot devient directeur de l’usine de Pyrotechnie d’Héry[5], située dans le département de l’Yonne, et directeur de l’usine de celluloïd de Landerneau (Finistère)[6]. En 1901, alors qu’il est directeur à Héry, il publie dans la Revue de Physique et de Chimie, un nouvel article résumant les avantages du procédé Kessler de concentration de l’acide sulfurique[7].

Dans un premier temps, l’activité professionnelle de Georges Collot se rapporte donc à la dynamite et à ses applications. De fait, en 1905, l'usine de Landerneau devient une succursale de la Société Anonyme des celluloses, cotons pour poudres blanches de guerre et celluloïd de Landerneau, fournisseur des Poudreries de Pont-de-Buis dans le même département[8] . L’usine de Pyrotechnie d’Héry est pour sa part reprise par la Société Davey Bickford en 1908. Sous réserve de vérification, G. Collot est occasionnellement mentionné en 1919 comme industriel à Ablon (Calvados)[9].

Georges Collot, administrateur de sociétés

Ses travaux sur les acides amènent ensuite cet ingénieur à s’intéresser à leurs applications industrielles dans le domaine de l’électricité. Dans les années 1920, il devient, avec René Varret, administrateur-délégué à Paris, de la société des Etablissements Varret et Collot (condensateurs électriques fondée en 1903), au capital de 1 500 000 F[10]. En 1937, il est mentionné président du Groupement des Fabricants français de condensateurs électriques fixes[11], fonction qu’il quitte l’année suivante, de même que celle d’administrateur-délégué des Etablissements Varret et Collot[12]. Il est alors âgé de 65 ans.

Membre de la Société des Ingénieurs civils à compter de 1926, ainsi que de la Société française d’électricité, expert en douane (T.S.F., condensateurs), il est domicilié en 1933 dans le vingtième arrondissement de Paris, 3 rue Dupont de l’Eure[13]  puis 8, square d’Aquitaine à Paris (19e)[14].  Epoux de Blanche Massin à compter de 1903, dont descendance, Georges Collot décède dans cet arrondissement parisien le 6 octobre 1949, à l’âge de 76 ans[15]. Comme nombre de ses contemporains, il a été victime d'accidents du travail : "dans la mythologie familiale on dit qu'il a perdu un doigt puis une main avec les explosifs"[16].

E. PRACA



[1] Archives de la Ville de Paris, naissances 11e arrondissement, acte n°3091 du 25-6-1873 de Charles Georges Collot. Cf égal. Geneanet, arbre G. Collot, par pseudonyme : pgramain.

[2] 1891 : date d’entrée à l’Ecole.

[3] ESPCI de Paris.

[4] COLLOT Georges, « L’industrie de la nitroglycérine » paru dans la Revue de physique et de chimie et de leurs applications, 1ère année, n°8 de 1896-1897 et « L’industrie de la dynamite » : 2 articles parus dans la Revue de physique et de chimie n°11 de 1896-1897 et n°4 de 1897-1898.

[5] Fabrique d’articles pyrotechniques située à Héry (89 - Yonne), reprise en exploitation par l’entreprise Davey Bickford en 1908.

[6] Ecole de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris, Annuaire 1933, p.99.

[7] COLLOT Georges « Concentration de l’acide sulfurique », Revue de physique et de chimie et de leurs applications, n°6, 1901, p.253-257.

[8] Ancien moulin à papier vendu en 1891 à Simonet, nouveau propriétaire qui le transforme, vers 1896, en usine de blanchiment (destinée à préparer les cotons pour la fabrication des poudres blanches de guerre) : mention in GLAD, portail des patrimoines de Bretagne, Quintin, Moulin à papier de Saint-Fiacre.

[9] St Frion, département de la Creuse (23), actes de mariage de 1901 à 1933 : témoin au mariage de Chervy André ingénieur des mines de la Loire le 26-9-1919, G. Collot est mentionné industriel à Ablon : ce patronyme étant courant, est-ce le même personnage ?

[10] Société des ingénieurs civils de France, Annuaire, 1926 p. 115 et Ecole de physique et de chimie industrielles, Annuaire, 1933, p.99 : adresse société 7 rue d’Hautpoul à Paris 19e. René Varret et Georges Collot sont tous deux issus de la promotion 1891 ESPCI, in « Exposition des travaux des anciens élèves », 1933, p. 98. Cf. égal. plaquette publicitaire des ets Varret et Collot "Freinez vos dépenses d'electricité", présentant les produits de l'entreprise, fournisseur des grandes administrations de l'Etat.

[11] Ecole de physique et de chimie industrielles, Annuaire 1937, p.103. Il est domicilié 16 villa Laforgue à Paris 19e. Il assume cette fonction à une date à préciser après 1933.

[12] Ecole de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris, Annuaire 1938 p. 99 et 1939, p.129.

[13] Ecole de physique et de chimie industrielles, Annuaire 1933, p.99.

[14] Ecole de physique et de chimie industrielles, Annuaire 1939, p.129.

[15] Archives de la Ville de Paris, naissances 11e arrondissement, acte de naissance n°3091 du 25-6-1873, mentions marginales mariage et décès : Georges Collot époux de Blanche Massin, le 28 novembre 1903 à Paris 3e. Egal. Geneanet op.cit.

[16] Souvenirs de P. Gramain le 2-8-2013, que nous remercions ici.