Jules Charles ESSNER – Ingénieur à Paulilles

 

 

Fils d’un tablettier fabricant de peignes, Jules Charles Essner est né en 1862 à Paris d’un père originaire d’Epernay, en Haute-Marne (1). Devenu ingénieur chimiste et membre de la Société chimique de Paris, il est mentionné présent sur le site de Paulilles en 1888, sous-directeur de la dynamiterie de Paulilles en 1891 (2). Il en devient directeur l’année suivante, en remplacement d’Amédée Hoffer, promu directeur de la Société Centrale de Dynamite (3). Plus largement, Jules Essner est issu d'une famille originaire du Haut-Rhin où elle est mentionnée au début du 19e siècle, et sa trajectoire relève des mécanismes de promotion sociale, plusieurs fois observés à cette époque.

Dynamite sous contrôle

Jules Essner est mentionné à Paulilles dès 1888, où il est chargé des relevés de la station météorologique existant alors sur le site. Quelque temps plus tard, son parcours de directeur s’inscrit dans le cadre de la psychose suscitée par les attentats anarchistes et mobilisant le ministère de l’Intérieur. En 1892, accompagné d’Amédée Hoffer, il rend en effet compte au préfet des Pyrénées-Orientales des mesures prises sur le site de Paulilles pour empêcher le vol d’explosifs. Cette démarche intervient à la suite d'un incident de transport dont Paulilles n'apparaît finalement pas responsable et dans le cadre de la mise en oeuvre d’une circulaire d’Emile Loubet, portant sur la surveillance à exercer dans la fabrication et les dépôts de dynamite (4).

Eaux naturelles

Localement et plus paisiblement, Jules Essner s’intéresse également à d’autres secteurs de la chimie, minéralogie et géologie, et notamment à l’environnement hydraulique du site de Paulilles. Il publie ainsi des « Considérations générales sur la genèse et les causes de la composition des eaux de la vallée de Cosperons et sur quelques eaux sulfatées calciques de la région de Port-Vendres et de Collioure ». Cet article paraît en 1892 dans le bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales, à laquelle il appartient (5).

Vins de Banyuls


Enfin, à une date à préciser, Jules Essner serait devenu chimiste au service de l’homme d’affaires Edmond Bartissol, promoteur de la Société des Vins Naturels de Banyuls-sur-Mer (6). En tout état de cause, cet ingénieur se fixe définitivement dans la localité de Banyuls où il a contracté mariage en 1892 et où il est recensé en 1906 avec sa famille. Il décède après 1920 dans cette même commune et son parcours professionnel dans les Pyrénées-Orientales mériterait dès lors plus ample information. Celui-ci illustre en effet l'exploitation des diverses ressources industrielles et naturelles de cette portion de territoire, dont il apparaît un condensé.

E. PRACA

Mise en ligne 6-9-2018

 

DOCUMENTS - 1892

Article de presse

 

« Perpignan 22 mars - Récemment, un navire chargeait à Port-Vendres 2000 caisses de dynamite provenant de l’usine de Paulilles et les transportait à Marseille où elles furent transbordées sur un autre navire. En procédant à cette opération de transbordement, on s’aperçut que cinq caisses contenant l’explosif avaient disparu.

Une enquête a été faite dans laquelle il résulte que l’usine de dynamite de Paulilles a livré, intégralement, les 2000 caisses et que ces 2000 caisses ont été embarquées à Port-Vendres. Les cinq caisses qui manquent ont été perdues ou détournées soit pendant la traversée de Port-Vendres à Marseille, soit pendant l’opération du transbordement effectué à Marseille.

A la suite de cette enquête le préfet des Pyrénées-Orientales a fait appeler M. Essner, directeur de la fabrique de dynamite de Paulilles, près Port-Vendres, et M. Hoffer, ancien directeur de cette usine, actuellement directeur de la Société centrale de dynamite, à
Paris.

Le préfet leur a communiqué la circulaire du ministre de l’intérieur sur la surveillance à exercer dans la fabrication et les dépôts de dynamite. Les deux directeurs lui ont rendu compte des mesures employées à Paulilles pour empêcher les vols de dynamite.

Le préfet a été satisfait des explications données et il en a aussitôt rendu compte au ministre de l'intérieur ».

La Justice, 23 mars 1892

 

Article de presse

 

« Perpignan, 22 mars. Le préfet des Pyrénées-Orientales a eu une longue entrevue avec M. Essner, directeur de la fabrique de dynamite de Paulilles, près Port-Vendres, et M. Hoffer ancien directeur de cette usine, actuellement directeur de la Société centrale de dynamite, à Paris.

Le préfet leur a communiqué la circulaire de M. Loubet, sur la surveillance à exercer dans la fabrication et les dépôts de dynamite. Les deux directeurs lui ont rendu compte des mesures employées à Paulilles pour empêcher les vols de dynamite.

Le préfet satisfait des explications données en a aussitôt rendu compte au ministre de l'intérieur ».

La Croix, 23 mars 1892

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POUR EN SAVOIR PLUS

Mention de Jules Essner en lien, cliquer sur : PERSONNEL de la dynamiterie de Paulilles - Divers

Généalogie en lien : https://gw.geneanet.org/perpraca_w?n=essner&oc=0&p=jules+charles&type=fiche

 

ELEMENTS DE CHRONOLOGIE

1888 - Jules Essner chimiste, observateur à la station météorologique de Paulilles - En lien : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6133688m/f518.image.r=%22essner%22?rk=2124474;0

1891 - Jules Essner, sous directeur de la dynamiterie de Paulilles

1892 - Jules Essner, directeur de la dynamiterie de Paulilles

1913 - Jules Essner, membre de la Commission d'études des applications du froid à l'oenologie, sous-commission technique, mention in La Gironde vinicole.

 

NOTES

1 - AD Paris, 12e, V4E1467, vue 21/28, acte 871.

2 - Bulletin de la société chimique de Paris,  1892/01 (SER3,T7)-1892/06.

3 - Cf. réf article Journal La Croix le mentionnant comme directeur en mars 1892

4 - Journal La Croix 23-3-1892, numéro 2711, np.

5 - SASL n°33, 1892, p.210-228.

6 - Information transmise en 2008 par J. -L. Escudier, chercheur CNRS Montpellier I, que nous remercions ici.