A propos de Léo GERARD - Données familiales

 


 Léo GERARD - 1840-1922 - Col. Famille GERARD

 

Après la fermeture provisoire de la dynamiterie de Paulilles en 1871, Paul Barbe, associé d'Alfred Nobel, transporte sa fabrication en Italie et en Belgique. En 1874, l'autorisation d'établir une usine en Belgique ne lui est pas encore accordée (1), mais c'est chose faite en 1878. Longtemps plus tard, Max-Léo Gérard (1879-1955), financier et homme politique belge, transcrit ses souvenirs familiaux. Il y évoque la mémoire de son père, Léo Gérard (1840-1922), qui fut pour sa part ingénieur des mines et industriel, président de la société belge de dynamite.

En résumé, après l'obtention de son diplôme d'ingénieur en 1864, Léon Gérard seconde rapidement son père à la poudrerie familiale, dont l'entreprise est transformée en société anonyme en 1903. Dans l'intervalle, aux côtés d'Alfred Nobel et de Paul Barbe, il est l'un des fondateurs de la S.A. belge de dynamite, propriétaire d'une dynamiterie Nobel établie à Liège en 1879. En 1910, il est l'artisan d'un rapprochement avec la S.A. d'Arendonck, produisant également de la dynamite.

La page concernant ces souvenirs familiaux nous a été transmise par la famille GERARD, que nous remercions ici. Celle-ci complète une précédente mise en ligne, mentionnant la fondation de la dynamiterie de Liège, à travers une correspondance entre Alfred Nobel et Léo Gérard, conservée en Suède.

 E. PRACA

 

DOCUMENT - 1941

Souvenirs familiaux

"A propos de LEO GERARD"

 

« Sa carrière avait été imprégnée tout entière aussi de ce sentiment du devoir. Il avait donc fait ses études d'ingénieur à l'Université de Liège, d'où il était sorti avec le grade d'ingénieur honoraire des mines en 1864. Son grand désir eût été de se consacrer à l'enseignement et, pendant un an, il a été chargé d'un cours de physique, mais il a été rapidement obligé de se consacrer aux affaires de famille qui étaient, et qui sont encore maintenant, une fabrique de poudre située à Ombret sur la Meuse, près de Huy. Cette entreprise avait été fondée en 1817 par mon Grand-Père, J.-P. Gérard, dont le nom figure encore dans la firme transformée en société anonyme en 1903.

En 1864, c'était son Père, M. Léopold Gérard, qui dirigeait l’entreprise familiale, mais son état de santé avait beaucoup décliné et mon Père dut s'engager, au commencement d'une carrière qui aurait pu être plus large, dans cette entreprise d'une dimension modeste, alors que ses capacités auraient pu le conduire dans un cercle d'affaires plus considérable, comme plusieurs de ses camarades, tel l'un d'entre eux dont je me rappelle le nom ici, Adolphe Greiner, qui est devenu directeur général de la société Cockerill.

Mon père s’est donc occupé toute sa vie - pendant près de 60 ans - de cette entreprise, à laquelle il a donné d'ailleurs plusieurs développements. En 1879, il a créé, à côté de la poudrerie, la S.A. belge de la dynamite Nobel, filiale à cette époque de la grande firme allemande, et, en 1910, il a fait certains accords avec la S.A. d’Arendonck dans laquelle se trouvait engagés des intérêts français et anglais et dont il a été le président ».

Max-Léo GERARD

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NOTES

1 - FRITSCH, capitaine du Génie, "Les dynamites", Mémorial de l'Officier du Génie, Paris, 1874, n°22, 2e série, tome VII, p.433.

SOURCES

Archives de la famille GERARD que nous remercions ici :

Max-Léo GERARD, Souvenirs pour mes enfants, 1941, page 5.

POUR EN SAVOIR PLUS

PRACA E., Alfred NOBEL et Léo GERARD, Dynamite belge, lettre de 1878, site Amis de Paulilles, rubrique Patronat.