Société Générale pour la Fabrication de la Dynamite - Bénéfices 1875-1880

Société Générale pour la Fabrication de la Dynamite - Bénéfices 1875-1880

 

Les conseils d'administration de la Société Générale pour la Fabrication de la Dynamite mettent en évidence l'évolution des bénéfices de l'entreprise pour la période 1875-1880. Comme l'avait prévu Alfred Nobel dans sa correspondance avec Paul Barbe, lors de leurs négociations d'association, le projet d'établissement d'une dynamiterie en France s'avère un projet rentable. Ces prévisions de l'inventeur de la dynamite, basées sur son expérience industrielle à l'étranger, se confirment dès les débuts de l'entreprise française : la dynamiterie de Paulilles est une source de bénéfices pour ses actionnaires, contribuant à leur enrichissement rapide, enrichissement qui en certains cas leur sera  ultérieurement reproché.

 

Capital social

Lors de sa fondation en 1875, la Société Générale pour la Fabrication de la dynamite est constituée au capital de 3 millions de francs. Les capitaux sont gérés par l’importante banque Worms, Halphen, Dauphin et Cie, située 10 rue de l’Observatoire à Paris. Assez rapidement, la société s’adjoint deux autres banques, dont à Perpignan la banque Dalbiez, qui, en 1876, accepte sans prendre de commission, de servir de caution à la société lors du paiement à l’Etat de la taxe sur la dynamite.

Le capital social est divisé en 6000 actions de 500 francs chacune, dont la moitié est attribuée aux trois principaux fondateurs : Alfred Nobel, Paul Barbe et Louis Pierre Roux, en représentation de leurs apports. Résumant l’action des principaux fondateurs de la société, l’un des commissaires chargés de vérifier les apports, justifie cette répartition financière: « M.M. Barbe et Nobel ont soutenu courageusement la lutte pour la liberté de fabrication et n’ont pas craint, sans être assurés d’une issue favorable, de faire au succès de leur cause l’avance de sommes considérables ».

Evolution des bénéfices

A l’étranger, les sociétés Nobel offrent de même « de grands avantages à leurs fondateurs », tout en faisant « de très larges bénéfices ». A titre d’exemple, en Angleterre, Nobel détient 3/8e des actions de la société anglaise qui fait, en 1874, 425 000 francs de bénéfice pour un capital de 2 millions de francs. A Hambourg, il réalise un bénéfice de 350 000 francs par an sans avoir déposé de brevet ; le bénéfice de sa société s’élève en 1873-1874 à 800 000 francs. En Californie, la cote des actions Nobel passe de 100 à 145 dollars pièce : elle lui apporte 13 500 dollars de bénéfice (1871-1875), sans compter la rémunération des apports au comptant.

Pour leur part, les appointements de Louis Roux, directeur de la Société Générale à compter du 1er août 1875, s’élèvent à 20 000 francs par an auxquels s’ajoutent 3% des bénéfices. Il est prévu qu’ils soient portés à 24 000 francs lorsque les bénéfices annuels de la société atteindront 500 000 francs, ce qui est réalisé dès 1880. De fait, les bénéfices de la société, d’un montant de 35 640 francs en 1875-1876, passent à 511 775 francs, pour l’exercice 1879-1880.

En 1875, l’espoir est donc permis aux actionnaires, dans la mesure où, en 1871-1872 déjà, les bénéfices de Paulilles, qui se trouvait pourtant sous le coup d’une menace de fermeture, dépassaient 400 000 francs. A l’époque de la création de la Société Générale pour la Fabrication de la Dynamite, il ne manque donc plus à l’usine « qu’une extension plus grande pour satisfaire aux besoins de l’industrie ». Au lendemain de la guerre de 1870, au terme d’une période d’incertitudes jalonnée de procédures judiciaires et de démarches politiques, ce temps écoulé «  n’a du reste pas été stérile et profitera à l’industrie maintenant renaissante ». Ce que justifient les bénéfices de la société pour la période 1875-1880.

E. PRACA

 

TABLEAU

Bilans et bénéfices

de la Société Générale pour la Fabrication de la dynamite

1875 - 1880

 

  Exercice     Bilan - Total en francs     Bénéfices en francs 

Exercice 1875-1876

Bilan du 8-7-1875 au 30-6-1876

 

3 070 717

 

 

35 640

 

Exercice 1876-1877

Bilan au 30-6-1877

 

3 286 847

 

 

141 571

 

Exercice 1877-1878

Bilan au 30-6-1878

 

3 404 124

 

 

175 841

 

Exercice 1878-1879

Bilan au 30-6-1879

 

3 566 608

 

 

190 109

 

Exercice 1879-1880

Bilan au 30-6-1880

 

4 201 390

 

 

511 775

 

 

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SOURCES

CA de la Société Générale pour la Fabrication de la Dynamite - Archives privées - Saisie des CA : M. B. Hueber.